
Extrait d'une allocution de M. Bernard Arcand prononcée devant l’Institut d’administration publique de Québec
"Bref, peu importe! Des gens meurent et d’autres viennent au monde, mais la société perdure sans se laisser perturber par ces incidents aussi mineurs qu’insignifiants."
J'ai dirigé une petite réunion à laquelle assistait un directeur d'opérations, un représentant syndical et un jeune d'environ 17 ans qui effectue un stage. Au cours d'une discussion hors contexte, nous avons abordé la question du vieillissement de la main d'œuvre et de la difficulté appréhendée à les remplacer au moment de la retraite qui surviendra vraisemblablement au cours de 3 à 5 ans à venir.
L'un des participants disait que la génération Y était moins travaillante et qu'il en faudrait trois pour remplacer un Boomer sans compter qu'ils veulent travailler trois fois moins longtemps. À ce compte, ça prendra 9 Y pour 1 Boomer. En passant, l'autre participant n'était pas en désaccord, et je ne parle pas du Y qui assistait à la scène ni de moi! Décidément, j'avais vraiment sous-estimé l'efficacité de nos Boomers.
Difficulté avec l'autorité, infidèle, paresseux, pense tout connaître, veulent tout avoir immédiatement. Ce ne sont que quelques uns des clichés entourant les 17-30 ans. N'oublions pas qu'ils sont le fruit des boomers! Vous leur avez dit qu'ils pouvaient tout faire, tout réussir dans la vie et qu'il n'en tenait qu'à eux. Ils sont prêts, déterminés et ils le veulent maintenant.
Au delà de la caricature, qu'est-ce que les Boomers ne comprennent pas à la génération Y?
La conception du travail est l'un des premiers traits distinctifs. Pour les GenYs, le travail peut être partout, à tout moment. Il n'y a pas nécessairement de lieu, d'espace ou de temps dédié au travail. L'ère des communications instantanées, sans fil permet maintenant une approche différente du concept de travail. Le lieu du travail n'est pas obligatoirement le bureau. Par exemple, ce matin, j'étais chez PresseCafé, au Marché Central, de 7h30 à 9h45. J'avais rendez-vous au Ministère du Travail à 10h00. Ambiance décontractée, bon café, croissant musique d'ambiance. J'ai eu du plaisir et cette période de travail a été des plus productive. J'ai répondu à tout mes courriels (demandez à ceux qui les ont reçu, j'étais en feu), mis de l'ordre dans mon Outlook, planifié ma prochaine semaine. Il faut réviser notre compréhension du lieu de travail et du temps.
Nos modes de communication sont fort différents. J'ai un blog, un facebook, un Delicious, un Twitter, un LinkedIn et un Xing. J'utilise les textos, j'ai un Blackberry et j'utilise Skype pour parler à mes enfants quand je voyage. Je parle Web 2.0, webinaire, vidéoconférence et on me parle de fax et d'appels conférence..(c'est poche!) Pour rejoindre les jeunes, il faut utiliser leurs modes de communication et d'interaction. Nous sommes en retard.
Les modes d'apprentissage sont moins linéaires. Pour le Boomer traditionnel, l'apprentissage est d'abord magistral avant d'être pratique. Il assiste à une formation, lit un ouvrage et met ensuite en pratique. Le Y apprend au besoin (quand ça rush) et souhaite une mise en application plus direct de type essai/erreur. Il est du genre à poser constamment des questions. Plutôt que de se farcir un long et fastidieux apprentissage, il cherchera dans ses contacts et références, celui qui connaît le sujet. De l'action, de l'action et encore de l'action.
Les modes de communication ont aussi un effet sur la façon de se rencontrer. Les Boomers et les X, planifient et coordonnent leurs agendas respectifs. Le Y se pointe dans votre bureau sans préavis. Ça peut être déstabilisant, voire irritant. Pour le Y, planifier, peut vouloir dire attendre et c'est, à ses yeux, inefficace.
Le choc des générations est inévitable. Tentez de comprendre ces différence peut permettre une meilleure collaboration dans nos milieux de travail et qui sait, avoir une meilleure compréhension de nos propres enfants.
"...si tout va bien, notre société prend le risque, normalement et logiquement, de créer des chocs de générations à répétition. C’est le prix à payer pour stimuler le progrès constant." (op.cit.)
2 commentaires:
Je vous met ici deux commentaires que j'ai fait sur un article publié sur La Plaine http://laplaine.wordpress.com/2009/08/18/y/ qui me semblent convenir au sujet.
1er commentaire: Je me demande si c’est les boomers qui sont le plus loin des Y. C’est vrai qu’on a eu une jeunesse assez raide. Party, grèves annuelles, café campus pour ceux qui se rappellent juste devant les HEC. Parent de trois Y , je ne pense pas que nous soyons très éloignés d’eux. Ils nous ressemblent. Ils ont les valeurs que nous leur avons transmises. Ils pourront terminer ce que nous avons commencé. Les X sont beaucoup plus différents. Obligés de créer leurs emplois, maintenus dans un statut précaire par la présence de la masse des boomers qui ne voulaient quand même pas se retrouver dans la rue pour leur faire une place, ils sont devenus individualistes et votent pour l’ADQ. C’est ce groupe qui en ce moment critique les nouvelles générations. Alors unissons-nous boomers et y et C en continuant de dire oui au plaisir et au bonheur et à la famille et aux amis et en disant aux employeurs qui de plus en plus sont de X “Si ma qualité de vie n’est pas prise en cause, je vais ailleurs.
2e. comm.:26 août 2009 à 10:37
Je n’ai jamais voulu faire de conflit de générations. Je viens seulement constater des situations. En effet, il y a eu d’énormes frustrations justifiées chez les X. Pour ce qui est de l’incompétence, j’en ai vu dans toutes les classes d’âge (la courbe normale ne peut être plus vraie qu’en ce domaine. Dans le monde de l’enseignement, où je travaille, je suis justement à faire l’essai de patrons X qui semblent vouloir se venger et ça me déçoit. Tout ce que je voulais dire, c’est que les y et les c imposeront, comme nous l’avons fait à leur age leur façon de penser le monde et que ça va être difficile pour les x , parvenus aux postes de commande, de se faire obéir et qu’ils devront s’adapter. Je n’ai rien contre les X parmi lesquels j’ai beaucoup d’amis, mais je déplore que la situation où ils ont été, la précarité, les frustrations les aient rendus aussi amers. Mais avouez que pendant leur vie le gros bout du bâton était entre les mains des employeurs qui auraient sabré allègrement dans leur personnel s’il n’y avait eu les syndicats. Aujourd’hui, le balancier est revenu mettre le pouvoir de négociation entre les mains des employés et si je me fie aux rencontres que j’ai avec des patrons de PME, le gros défi est la rétention de personnel… alors, c’est à l’avantage de toutes les générations. Les boomers pourront rester plus longtemps ou faire une deuxième carrière, les X pourront se préparer une belle retraite en négociant de meilleurs salaires, les Y et les C auront plus rapidement des emplois selon leurs goûts et leurs capacités.
Merci pour vos commentaires, fort pertinent et à propos. Je ferai un petit stop pour vous lire.
À la prochaine.
Enregistrer un commentaire